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Prénom fabienne
Age 42
But du voyage Expatriation
Date de départ 05/08/2007
Nom P
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Durée du séjour 2 ans
Nationalité France
Description
Muté pour 2 ans à Djibouti, je souhaiterai faire découvrir cette régionet cette aventure familiale à toutes nos connaissances
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Pays visité(s) :

Tous
Djibouti (Carte)


Localisation : Djibouti
Date du message : 19/11/2008
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 Djibouti Conference sur L'excision et les Mutilations Génitales Féminines

Mercredi 19 novembre 2008 :

 

Conférence sur l’excision

 

 

Ce mercredi j’ai organisé une réunion toujours dans le cadre de Loisirs Découverte, avec le Dr Myriam Martinelli sur le thème délicat de l’excision . Les personnes intéressées nous ont rejoint à la salle de conférence de la Base aérienne pour 2 h de présentation, avec diaporama.

Le Dr Martinelli , est italienne et travaille en tant que médecin  pour la coopération italienne , en particulier sur les sites Balbala, PK12, et intervient dans les districts un peu plus éloignés, Ali Sabieh ou Dihkil. Elle voit donc quotidiennement les femmes , les enfants ; elle a pu voir les difficultés et les souffrances vécues par la population féminine, suite aux habitudes de vie. Elle intervient également sur la problématique de la malnutrition, dans les post de PK12, Ambouli, Enguelah et Hariba …Un suivi des femmes enceintes est fait, puis du nourrisson après l’accouchement, pour savoir si leur poids est correct et surtout le pronostic vital, liés en grandes parties aux souffrances lors de l’accouchement, du fait des lèvres et vagins cousues , puis décousues lors du passage de l’enfant.

Myriam commence par nous expliquer les différentes formes de mutilations génitales  féminines vécues, qui sont classées en 3 types , de la plus légère à la plus importante.

Cette classification est valable depuis 1995 et s’établit ainsi :

Type 1 : SUMA (tradition arabe) Afrique de l’Est : excision du prépuce

Type2 : Circoncision Pharaonica . Egypte excision du prépuce, du clitoris et des lèvres.

Type 3 : Infibulation , surtout Djibouti et Somalie . Excision totale +suture+rétrécissement. Il n’est laissé qu’un orifice pour le passage de l’urine, plus fin qu’un doigt.

Type 4 : autres

 

130 millions de femmes sont concernées par ces pratiques, uniquement en Afrique équatoriale musulmane ainsi qu’en Malaisie ou à Java.  Historiquement ces pratiques remontent  à l’époque des pharaons et étaient pratiqués pour des raisons religieuses.  Elles ont cessé d’être pratiqué en Europe vers la fin des années 1800 (hystérectomie ou ablation de l’utérus pour résoudre les problèmes mentaux en Angleterre)  .La dernière intervention aux USA date de 1936.

Dans la partie de l’Ethiopie Copte, ces pratiques sont plus légères, car le mariage ne pouvait se faire qu’avec des femmes circoncises.

Les MGF à Djibouti sont majoritairement suivies , puisque 98% des femmes subissent ces excisions, et 63% d’entres elles l’infubilation. (excision totale +suture et rétrécissement)

 

Il y a bien une loi qui lutte contre ces pratiques  mais il n’y a pas de stratégies sérieuses, et surtout une difficulté à lutter contre des traditions ancestrales ethniques.

Elles sont  effectuer pour des religieuses religieuses ou culturelles (religion islam), virginité et fidélité, rite de passage, contrôle social de la sexualité, ou encore sous couvert d’hygiène , ou esthétique.

 De plus ces opérations se font souvent en dehors du territoire ou alors dans le secret le plus absolu, puisque interdit.

Chez les Afars on peut pratiquer l’excision chez le nourrisson dès l’age de 40 jours (type2).

Chez les Issas , cela se fait à partir de 4-5 ans jusqu’à 13 ans.

C’est un acte très cruel, qui se fait entre femmes, soit par l’ancienne de la famille, soit par une exciseuse professionnelle. L’intervention se fait sans anesthésie, directement, soit avec une lame de rasoir, soit avec un caillou affuté, ou encore un morceau de verre. Les sutures d’infubilation se font souvent avec des épines d’acacia.

Sous couvert de coutume, de tradition , une majorité de femmes d’Afrique centrale et de l’Est, subissent dès leur plus jeune âge , ces interventions .

 

Il y  a énormément de complications médicales  avec ces pratiques ; lors de l’intervention il y a toujours un risque d’hémorragie, des infections, liées aux rétentions urinaires et à la douleur.

Les complications tardives sont les kistes, l’infertilité, les menstruations irrégulières à cause d’une fermeture trop sérrée des organes . Cela peut également entrainé de l’infertilité, frigité, des rapports douloureux, des complications à l’accouchement, avec nécessité de défibuler (recoupage des chairs cicatrisées pour laisser le passage à l’enfant). S’il n’y a pas d’intervention à ce moment là, il y a mortalité maternelle et infantile de l’ordre de 7%, ce qui est un chiffre conséquent car inférieur à 1% lorsqu’il n’y a pas d’excision.

Cette conférence très instructive a pu paraître très dure pour certaines d’entre nous, de savoir qu’impunément des femmes mutilent leur filles, s½urs, cousines.

Il y a un merveilleux livre à consulter qui s’appelle :

 «  la femme bléssée » qui raconte justement cette coutume et la difficulté d’être femme en Afrique de l’est.

 

Au printemps Myriam nous fera également une autre conférence sur ce thème, puis une autre sur la malnutrition, où j’espère que un nombreux public sera présent ;

Je vous tiendrai informer de mes notes.

 

 

 


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